Épisode 01 · Terrain

Chercher la cause d'une panne dans cinquante outils

Avant de parler d'intelligence artificielle, Anthony Lubaki décrit une scène que toutes les usines connaissent : une ligne s'arrête, et personne ne sait encore pourquoi. Ce qui suit n'a rien de spectaculaire. C'est pourtant là que se joue l'essentiel de ce que l'IA peut rendre à l'industrie.

La scène commence toujours pareil, et elle est d'une banalité totale.

La vidéo de l'épisode est sur YouTube, au passage cité.

La ligne s'arrête, la recherche commence

On a un problème sur la ligne de production, on essaie de comprendre un petit peu ce qui s'est passé.

Anthony Lubaki écouter à 27:52

Puis la recherche commence. Un responsable et son opérateur ouvrent les systèmes un par un. L'information qui explique l'arrêt n'est jamais dans celui qu'on consulte en premier, et Anthony Lubaki en compte trois avant d'avoir une piste.

Plusieurs outils qu'on va devoir utiliser pour justement comprendre la cause de la panne.

Anthony Lubaki écouter à 28:21

Trente minutes, et ce qu'elles coûtent sur l'année

Et c'est le chiffre, pas la technologie, qui rend le sujet sérieux. Anthony compte en minutes, puis il multiplie.

Plutôt que d'en utiliser 50, j'exagère un petit peu, j'extrapole, mais plutôt que d'en utiliser plein, on va en utiliser qu'un seul qui va pouvoir faire cette recherche à notre place et nous faire gagner un temps fou. Parce que si on passe 30 minutes ou 40 minutes à chercher sur trois systèmes différents comment résoudre la panne…

Anthony Lubaki écouter à 28:51

Il pose le gain en face, dans la même unité.

Vous avez un outil qui vous répond en deux minutes, qui vous aide à résoudre la panne. Et si vous traduisez ça en termes de coûts, vous multipliez le nombre de minutes que vous pouvez perdre sur l'année.

Anthony Lubaki écouter à 29:19

Pourquoi ce cas d'usage est le bon

Ce qui rend cette scène intéressante, c'est qu'elle ne demande à l'IA aucune décision. L'outil ne choisit pas d'arrêter la ligne, ne note personne, ne remplace aucun jugement : il va chercher dans des systèmes qui ne se parlent pas, et il rapporte. La question du contrôle humain, qui bloque tant de projets en secteur régulé, ne se pose même pas ici.

Donc c'est souvent par là qu'il faut commencer. Un projet qui fait gagner trente minutes sur un arrêt de ligne se mesure, se raconte en réunion, et ne demande à personne de renoncer à son métier. Les projets qui échouent, eux, commencent presque toujours par l'inverse : une ambition large, aucun cas d'usage précis, et personne pour dire ce que l'outil doit rendre.